Serai-je l'expert ou l'accompagnant ?

En général, nous savons quoi changer et comment le faire, mais nous ne savons pas toujours accompagner nos collègues de là où ils sont à là où nous aimerions qu'ils aillent. Car entre ce point A et ce point B, il existe un processus, des étapes qui touchent beaucoup plus à la psychologie, à l’émotionnel, à la sociologie, à la culture et à l’éducatif, bref à l’humain, qu’à la technique, à l'expertise.
Être un expert-accompagnant c’est savoir jongler entre les moments où notre expertise est nécessaire et les moments où c’est notre écoute qui l’est.

image Capture_decran_20200422_a_150217.png (0.2MB)

La connaissance des nouveaux comportements, techniques et procédures est bien sûr impérative, mais elle peut devenir un frein :
  • Si elle est trop éloignée de la vision du monde de notre interlocuteur et la heurte ou la confronte dans ses croyances, ses habitudes, ses valeurs sociales à l’origine de ses comportements ;
  • S’il n’y a pas suffisamment d’espace ni d’accueil pour la réalité de la personne : son idée du sujet, sa perception des enjeux, ses réactions émotionnelles et fonctionnelles face à ces enjeux, ses besoins et envies plus ou moins conscients, ses limites et résistances ;
  • Et s’il n’y a donc pas ou peu de co-construction possible du contenu et des étapes de la démarche accompagnée.
L'idée est donc plutôt d’adopter une posture d’expert- accompagnant. Il quitte la posture de « sachant » pour permettre à ses interlocuteurs de s’approprier la démarche personnellement et de s’y investir sur des bases qui sont les siennes, et qui sont donc plus pérennes et solides que toutes autres.
Une posture d’équilibriste, car notre expertise reste nécessaire.

Observer sa posture. Êtes-vous plutôt expert ou expert-accompagnant ?

Vous êtes expert si :

  • Tout est planifié, des objectifs aux résultats à obtenir, en passant par les étapes à franchir pour y parvenir.
  • Vous avez déjà des réponses à donner alors que vous n’avez pas encore demandé à votre interlocuteur ce qu’il voulait.
  • Vous considérez que les aspects psycho-socio- culturels appartiennent à la vie privée et qu’ils restent à la porte du monde professionnel.
  • Vous considérez que les résistances au chan-gement se résolvent par toujours plus de propositions techniques, d’organisation et de conduite du changement.
  • Vous considérez que seuls les experts comme vous détiennent les réponses aux questions et problématiques posées par votre interlocuteur.
  • Votre interlocuteur n’a pas pris son autonomie dans la démarche au fil du temps ni en fin de mission et reste dépendant de vos conseils.

Vous êtes expert-accompagnant si :

  • Vous venez avec l’esprit libre de toute planification du chemin qu’il reste à parcourir : vos aspirations et exigences sont intactes (elles sont votre moteur), mais vous êtes disposé à co-créer de bout en bout la démarche avec votre interlocuteur.
  • Vous commencez toujours par poser cette question : « quel est votre objectif et le/les résultats que vous attendez de notre partenariat? » et vous ne proposez rien tant que cela n’est pas parfaitement clair et sans ambivalence.
  • Vous considérez que l’écoute de votre interlocuteur et la qualité de la relation peuvent résoudre de nombreux problèmes.
  • Vous considérez que les résistances psycho-socio-culturelles au changement sont un élément majeur à prendre en compte dans votre mission et l’accompagnement de votre interlocuteur.
  • Vous êtes capable d’entendre, de comprendre, d’aider à clarifier et d’accompagner les résistances plus ou moins clairement exprimées par votre interlocuteur. Et vous consacrez du temps à aider votre interlocuteur à les identifier et à les clarifier.
  • Vous considérez votre interlocuteur comme un partenaire, excellent expert de son métier ou de son domaine personnel et capable de trouver en lui-même la solution la plus adaptée à ses problèmes.

Ces pages pourraient vous intéresser