Test du 4 sept

un beau test

Gatien Bataille

Le cadre de confiance

Sans membrane : pas de vie

L'apparition de la vie est intimement liée à l'apparition de "la membrane".

Prenez une cellule vivante. Elle est constituée d'une membrane lipidique qui l'isole du monde extérieur.
Cette membrane joue quatre rôles.
  • elle contient
  • elle protège
  • elle garantit une identité car à sa surface se trouvent des signes distinctifs
  • elle filtre les échanges avec l'extérieur. La cellule peut décider ce qui rentre et ce qui sort. Il ne s'agit jamais d'un mur infranchissable !
Enfin, et c'est important, une membrane n'est pas une structure préexistante. elle est fabriquée par la cellule elle-même qui l'entretient tout au long de sa vie.

image cellule_vegetale.png (0.4MB)

Être vivant c'est maintenir un fragile équilibre, une imperceptible tension, entre le dedans et le dehors, entre l'enfermement et l'ouverture totale.
Ce qui caractérise un être vivant, ce sont les qualités et les quantités d'échanges qu'il réalise avec l'extérieur.
=> Ce qui vaut pour une cellule, vaut aussi aux échelles supérieures. (organes, individus, groupes...)

Pourquoi un cadre de confiance pour le groupe

Les groupes d'individus, quelle que soit leur taille, possèdent aussi des membranes, immatérielles, qui fonctionnent selon les mêmes principes et qui se constituent de l'intérieur.
Cette membrane permet de créer au sein du groupe un sentiment de sécurité, indispensable pour pouvoir laisser s'exprimer chacun des individus qui le composent.
Si la membrane est bien faite, si tout le monde a intégré la raison d'être du groupe, l'objectif commun partagé alors, chacun peut voir l'autre comme un allié.
La force de cohésion d'un groupe est notamment liée à la qualité de sa membrane.

image cadre.png (0.6MB)

Les risques de zones non cadrées

Pas de cadre

Lorsqu'il s'agit de mettre en place un collectif, on a paradoxalement l'habitude de faire confiance à notre intuition, au naturel, alors que tout cela demande au contraire une connaissance fine des mécanismes qui sont en jeu. L'instauration d'un cadre fait partie de ces mécanismes qui permettent à l'entraide d'apparaître.
Sans cadre, pas de confiance possible (en tout cas sur le moyen et long terme). Dès la fin des premiers moments "de grâce", l'absence de cadre empêchera le groupe de gérer correctement les "soucis" qui immanquablement arriveront. Chacun se reconstruira dans l'urgence une petite membrane de sécurité personnelle et s'en sera terminé de l'entraide et de la coopération. Ceci marquera plus que certainement, la mort du groupe (sous cette forme)

Cadre trop poreux ou mal défini

Une membrane trop poreuse ou mal définie cause chez les membres du groupe un sentiment de malaise et d'insécurité.
Or, sans sentiment de sécurité, chaque individu se recroqueville et reconstruit dans l'urgence une petite membrane autour de lui.
Avec un cadre mal défini, le risque est de voir s'exprimer des plaintes de la part de ceux qui ne l'acceptent pas comme tel, des remarques, voir des actes de sabotage ou de boycott, ce qui met en danger le sentiment de sécurité du groupe.
Les règles permettront à l'action collective d'avoir lieu, à la fois en stabilisant la coopération et en encadrant la compétition et l'égoïsme.
Sans règles partagées et clairement définies, une véritable entraide généralisée entre les membres d'un groupe a peu de chances d'émerger, et seuls apparaîtront des actes d'altruisme spontanés et quelques relations entre pairs.

Trop de cadre

Ça on a déjà en entreprise, c'est bon ;-)
Un cadre doit être protecteur sans être trop contraignant, quand il est trop "dur", quand il dicte tout, prévoit tout, il enferme et coupe les élans.

Sources


Ces pages pourraient vous intéresser

Les compétences charnières de l'animateur de projet collectif

Le terme de « compétences charnières » désigne des compétences sans lesquelles, la coopération serait difficile à mettre en œuvre.

Dans la catégorie « antécédents pour coopérer »

Dans la catégorie processus (évaluer / démarrer / animer / mettre en œuvre)

Dans la catégorie « résultat »

Trois compétences pivots

Dans la liste de ces 11 compétences charnières, trois d’entre elles sont appelées « compétence pivots », car sans elles, il semble que tout processus coopératif soit "très difficile" à mettre en oeuvre.
La première : « avoir un état d’esprit collaboratif » est une condition sine qua non de la coopération ». Si les personnes ne disposent pas d’une telle attitude, elle auront tendance à privilégier les relations compétitives et donc à freiner la collaboration, voire la rendre impossible.
La deuxième compétence pivot « co-concevoir la structure du projet » lorsqu’elle se manifeste, renforce l’engagement des personnes dans le projet collaboratif et leur motivation à travailler ensemble. A l’inverse, dans un projet collaboratif pensé par une personne seule, son énergie passerait à « pousser » d’autres à y entrer, à mobiliser. Et souvent, son projet dit « collaboratif » s’arrête à cette étape.
La troisième compétence pivot « avoir le souci du bien commun » est liée au résultat de la collaboration. Elle indique la maturité du groupe et consolide l’engagement à long terme. Elle rejoint l’importance croissante prise par les communs dans de nombreux projets.

Ces compétences pivots nécessitent un travail sur soi

Avoir un "à priori positif" sur la coopération, accepter d'être modifié par les autres et être conscient de l'interdépendance des choses impliquent souvent d'avoir réfléchi sur ce que ça implique dans "ma vie", "ma façon de gérer les projets", ma posture d'animateur, et donc notamment :

Sources :


Ces pages pourraient vous intéresser

Coopérer / Collaborer

Ces deux notions, très à la mode, sont presque devenues des injonctions dès que l'on parle de projet collectif. Souvent peu comprises, elles sont utilisées l'une pour l'autre. Voici quelques clarifications.
Rappelons toutefois qu'au delà des mots, ce qui compte surtout c'est de mettre en oeuvre les postures et les techniques qui permettent aux gens de faire ensemble dans la joie et l'efficacité !

Que dit le dictionnaire (Larousse) ?

Coopérer
Prendre part, concourir à une œuvre commune ; contribuer, participer, collaborer
Collaborer
Travailler de concert avec quelqu'un d'autre, l'aider dans ses fonctions ; participer avec un ou plusieurs autres à une œuvre commune

et avec l'aide de la philosophie ?

Eloi Laurent dans son livre "L'impasse collaborative" nous aide à y voir plus clair.
il résume la chose de cette façon : "On collabore pour faire, on coopère pour savoir"
Coopérer
Coopérer, c'est oeuvrer librement de concert, y compris - et c'est le point fondamental - dans un but autre que la survie, la reproduction ou le travail.
Pour E. Laurent, la coopération peret avant tout aux humains d'améliorer leur connaissance d'eux-mêmes, des autres et du monde. La coopération humaine est sans équivalent dans le monde du vivant car elle est une quête de connaissance partagée plusq u'une simple collabraotion limitée à l'accomplissement d'une tâche en commun. Loin d'être un outil au service de l'utilité et de l'efficacité, la coopération prend donc la forme d'une intelligence collective à but illimité.
Parce que coopérer, c'est apprendre à connaître ensemble, la coopération transforme les humains en pédagogues les uns pour les autres.
Collaborer
Pour E. Laurent, on pourrait penser que coppérer et collaborer son deux synonymes (comme le laisse penser d'ailleurs le dictionnaire). Il n'en est rien. et pour au moins 3 raisons :
  • la collaboration s'exerce au moyen du seul travail, tandis que la coopération sollicite l'ensemble des capacités et finalités humaines.
  • la collaboration est à durée limitée, tandis que la coopration n'a pas d'horizon fini
  • la collaboration est une association à objet déterminé, tandis que la coopération est une processus livre de découverte mutuelle.

Selon lui, le problème général est que la coopération est dévorée par la collaboration.
Education, recherche, monde du travail, politique : tous ces domaines illustrent bien la crise de la coopération que nous vivons sous les apparences d'une société de plus en plus collaborative. Cette crise se cristallise sous trois formes :
Notons par ailleurs que l'industrie collaborative qui s'érige partout comme standard se révèle souvent bien peu coopérative quand il s'agit de payer les impôts ou d'assumer les coûts environnementaux.

Bon en attendant, on fait quoi ?

Rappelons toutefois qu'au delà des mots, ce qui compte surtout c'est de mettre en oeuvre les postures et les techniques qui permettent aux gens de faire ensemble dans la joie et l'efficacité !
Ces pages pourraient vous intéresser

La mise sous licence libre des productions

Les licences creatives commons, c'est quoi ?

Creative Commons propose des contrats-type ou licences pour la mise à disposition d’œuvres en ligne. Inspirés par les licences libres, les mouvements open source et open access, ces licences facilitent l’utilisation d’œuvres (textes, photos, musique, sites web, etc).
Ces licences s’adressent aux auteurs souhaitant :
  • partager et faciliter l’utilisation de leur création par d’autres
  • autoriser gratuitement la reproduction et la diffusion (sous certaines conditions)
  • accorder plus de droits aux utilisateurs en complétant le droit d’auteur qui s’applique par défaut
  • faire évoluer une oeuvre et enrichir le patrimoine commun (les biens communs ou Commons)
  • économiser les coûts de transaction
  • légaliser le peer to peer de leurs œuvres.


Les licences Creative Commons sont fondées sur le droit d’auteur.
Alors que le régime du droit d’auteur classique vous incite à garder l’exclusivité sur la totalité de vos droits (« tous droits réservés »), ces licences vous encouragent à n’en conserver qu’une partie (« certains droits réservés »). Creative Commons travaille avec des experts en droit d’auteur dans le monde entier pour que ces licences soient valides quelle que soit la juridiction.
Ces licences permettent au public d’utiliser vos œuvres, sous certaines conditions, selon vos préférences. Les licences sont modulables et existent sous 3 formes :

Conditions communes à toutes les licences Creative Commons


Comment faire pour placer vos œuvres sous l’une des licences Creative Commons ?


La procédure se fait en ligne, il n’y a aucun document à signer. Si vous êtes auteur, ou avec l’accord des titulaires de droits, vous pouvez simplement choisir votre licence parmi les 6 combinaisons d’options existantes en répondant à quelques questions sur http://creativecommons.org/choose/
Lorsque vous sélectionnez une licence Creative Commons, vous obtiendrez un morceau de code html/rdf qui peut facilement être inséré sur une page web. Ce code reproduira sur le site le logo Creative Commons avec un lien vers la version résumée de la licence sélectionnée. Vous pouvez insérer à côté de ce logo une phrase pour expliquer que les œuvres placées sur votre site sont sous l’une des licences Creative Commons.
Toute copie ou communication de l’œuvre au public doit être accompagnée de la licence selon laquelle elle a été mise à la disposition du public, ou d’un lien vers le texte de cette licence.
Creative Commons propose gratuitement six licences qui permettent aux titulaires de droits d’auteur de mettre leurs oeuvres à disposition du public à des conditions prédéfinies. Les licences Creative Commons viennent en complément du droit applicable, elles ne se substituent pas au droit d’auteur.
Simples à utiliser et intégrées dans les standards du web, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires de droits d’autoriser le public à effectuer certaines utilisations, tout en ayant la possibilité de réserver les exploitations commerciales, les oeuvres dérivées et les conditions de redistribution.

LES OPTIONS

Les auteurs ou titulaires des droits d’auteur peuvent choisir un ensemble de conditions qu’ils souhaitent appliquer à leurs oeuvres:
https://creativecommons.org/images/icons/attrib.gif
ATTRIBUTION : Toutes les licences Creative Commons obligent ceux qui utilisent vos oeuvres à vous créditer de la manière dont vous le demandez, sans pour autant suggérer que vous approuvez leur utilisation ou leur donner votre aval ou votre soutien.

https://creativecommons.org/images/icons/noncomm.gif
PAS D’UTILISATION COMMERCIALE : Vous autorisez les autres à reproduire, à diffuser et (à moins que vous choisissiez ‘Pas de Modification’) à modifier votre œuvre, pour toute utilisation autre que commerciale, à moins qu’ils obtiennent votre autorisation au préalable.

https://creativecommons.org/icons/sa/standard.gif
PARTAGE DANS LES MEMES CONDITIONS: Vous autorisez les autres à reproduire, diffuser et modifier votre œuvre, à condition qu’ils publient toute adaptation de votre œuvre sous les mêmes conditions que votre oeuvre. Toute personne qui souhaiterait publier une adaptation sous d’autres conditions doit obtenir votre autorisation préalable.

https://creativecommons.org/images/icons/nomod.gif
PAS DE MODIFICATION: Vous autorisez la reproduction et la diffusion uniquement de l’original de votre oeuvre. Si quelqu’un veut la modifier, il doit obtenir votre autorisation préalable.

LES LICENCES

Ces quatre options peuvent être arrangées pour créer six licences différentes, les six licences Creative Commons :
1. Attribution (BY): Le titulaire des droits autorise toute exploitation de l’œuvre, y compris à des fins commerciales, ainsi que la création d’œuvres dérivées, dont la distribution est également autorisé sans restriction, à condition de l’attribuer à son l’auteur en citant son nom. Cette licence est recommandée pour la diffusion et l’utilisation maximale des œuvres.
2. Attribution + Pas de Modification (BY ND : Le titulaire des droits autorise toute utilisation de l’œuvre originale (y compris à des fins commerciales), mais n’autorise pas la création d’œuvres dérivées.
3. Attribution + Pas d’Utilisation Commerciale + Pas de Modification (BY NC ND) : Le titulaire des droits autorise l’utilisation de l’œuvre originale à des fins non commerciales, mais n’autorise pas la création d’œuvres dérivés.
4. Attribution + Pas d’Utilisation Commerciale (BY NC) : le titulaire des droits autorise l’exploitation de l’œuvre, ainsi que la création d’œuvres dérivées, à condition qu’il ne s’agisse pas d’une utilisation commerciale (les utilisations commerciales restant soumises à son autorisation).
5. Attribution + Pas d’Utilisation Commerciale + Partage dans les mêmes conditions (BY NC SA): Le titulaire des droits autorise l’exploitation de l’œuvre originale à des fins non commerciales, ainsi que la création d’œuvres dérivées, à condition qu’elles soient distribuées sous une licence identique à celle qui régit l’œuvre originale.
6. Attribution + Partage dans les mêmes conditions (BY SA) : Le titulaire des droits autorise toute utilisation de l’œuvre originale (y compris à des fins commerciales) ainsi que la création d’œuvres dérivées, à condition qu’elles soient distribuées sous une licence identique à celle qui régit l’œuvre originale. Cette licence est souvent comparée aux licences « copyleft » des logiciels libres. C’est la licence utilisée par Wikipedia.
Source : Creative commons France sous CC BY SA adapté par Gatien Bataille
Point d'attention : Le souci de l'option "pas d'utilisation commerciale"
Attention, l'option non commerciale est "rapidement bloquante" car de portée très large.
Elle s'applique dès qu'il y a obtention d'un avantage commercial ou monétaire direct ou indirect. (la vente n'est donc pas obligatoire)
Le simple fait que l'oeuvre soit placée sur un site qui montre des pubs est suffisant pour déclencher la clause !! (facebook...)
On considère d'ailleurs souvent que la clause non commerciale n'est pas vraiment un licence "libre"

Ces pages pourraient vous intéresser
Un cours sur les licences : https://stph.scenari-community.org/ln/da/co/17.html
Un pdf qui détaille les problèmes de l'option pas d'utilisation commerciale Le FAQ sur les licences creative commons => http://creativecommons.fr/faqs/

Un rôle étonnant : le dictateur bienveillant

C'est une posture "normale" et rassurante ;-)
Dans tout processus, y compris collectif, il faudra une personne qui porte la responsabilité de lancer le projet "tout seul" et qui posera les premières étapes en "dictateur bienveillant"

Cela signifie :
  • accepter d'être critiqué pour cette première démarche forcément pas 100 % collective (un lieu, une date...)
  • accepter d'assumer ce "rôle" et une certain leadership au moins pour un temps
  • accepter de se dévoiler en terme de motivation, d'envie, de rêve, d'utopie...
Mais c'est un job à risque (comme la possession d'un anneau ;-) :
  • sans y prendre garde, on peut facilement rester dans cette posture (parfois "pousser au début" par le collectif) car elle procure un certain "pouvoir ou aura"
  • sans y prendre garde, on peut facilement passer du dictateur bienveillant au créateur fossoyeur qui enterre avec lui la belle idée de départ

Quelques pistes

  • mettre en place un mécanisme de contrôle (si possible extérieur et à une date précise) pour obtenir un regard critique sur sa posture et savoir si l'on est bien sorti de ce rôle.
image GollumwRing06.jpg (27.7kB)

Ces pages pourraient vous intéresser

L'estime : la monnaie des projets avec "bénévoles"

Dans les projets collectifs où les membres sont "non contraints", les mécanismes classiques d'évaluation sont inefficaces.
Il faut abandonner le pouvoir coercitif (notamment lié aux titres / syndrome de Peter) pour laisser le mécanisme d'évaluation par l'estime se mettre en place et les membres faire leur travail d'autorégulation. La valeur est dans l'estime que me portent les autres au regard de ce que je fais pour moi, pour eux, pour le monde...

L'évaluation par l'estime se fait :

L'évaluation par l'estime ne s'accommode pas des titres car ils ne fonctionnent pas sur ces bases.
Pour que ce mécanisme puisse s'enclencher, il est essentiel que chacun voit qui fait quoi...
Impossible en effet de recevoir de l'estime des autres, si personne n'est au courant que c'est moi qui est fait cette action !
Ces pages pourraient vous intéresser
Contenu en ligne sur la page : https://www.pnth-terreenaction.org/?EbookTestDu4Sept PDF